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Dans le flot des rivières

18.00

Il s’appelle Gabriel Ansaldi, et la parole qui est la sienne est plutôt celle d’un archange déchu. Car le flot qui l’a emporté n’est pas celui des torrents de montagne qui nourrissaient l’imaginaire de sa première innocence, mais celui d’une mémoire tue qui surgira avec la force radicale d’une dévastation.

Ainsi Gabriel a-t-il grandi, au cœur de la vieille société villageoise, nourrissant son militantisme adolescent de la noblesse des mythes. Et vénérant des icônes dont, peut-être, il n’a pas su déchiffrer le message. Il y a en tout premier lieu sa grand-mère, qui le voudrait homme de savoir. Il y a aussi son grand-oncle, le berger que l’on nomme Second, et dont il espère prendre la suite. Mais ces modèles, austères et bienveillants, ont-ils eu eux-mêmes le choix de leur destinée ?

Interrogeant le passé des siens, souffrant leurs vies, le narrateur affronte alors des démons à la trivialité sordide, et qui semblent tout autant incarner l’histoire non écrite du sol natal que son inéluctable déclin.

Mangeurs de Monde

20.00

Qu’ils soient nisenans vivant sur les bords de la Mokelumne, que l’on nommera bientôt l’American River, ou maoris défendant les rivages d’un territoire qu’ils appellent depuis toujours Aotearoa, les habitants de ce monde sont tous à l’aube de la grande confrontation, celle qui voit surgir les dévoreurs de leur univers. Car dans ce recueil de nouvelles, il est question de ça : survient inéluctablement une puissance prédatrice, une force qui, parée de son implacable supériorité, engloutit, ravage ou assimile ce qui la précédait. Des confins des colonies portugaises d’Afrique aux frontières fermées du Japon shogunal, Jean-Michel Neri nous mène ainsi, un conte après l’autre, et maniant sans manichéisme l’art de la parabole, sur les lieux de ces fracas immuables. Et il tisse radicalement sa poétique, entre oppression aveugle et résistance obstinée, dans une version bilingue qui semble défier, à sa manière, la voracité des Mangeurs de monde.