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Dans le flot des rivières

16.00

Il s’appelle Gabriel Ansaldi, et la parole qui est la sienne est plutôt celle d’un archange déchu. Car le flot qui l’a emporté n’est pas celui des torrents de montagne qui nourrissaient l’imaginaire de sa première innocence, mais celui d’une mémoire tue qui surgira avec la force radicale d’une dévastation.

Ainsi Gabriel a-t-il grandi, au cœur de la vieille société villageoise, nourrissant son militantisme adolescent de la noblesse des mythes. Et vénérant des icônes dont, peut-être, il n’a pas su déchiffrer le message. Il y a en tout premier lieu sa grand-mère, qui le voudrait homme de savoir. Il y a aussi son grand-oncle, le berger que l’on nomme Second, et dont il espère prendre la suite. Mais ces modèles, austères et bienveillants, ont-ils eu eux-mêmes le choix de leur destinée ?

Interrogeant le passé des siens, souffrant leurs vies, le narrateur affronte alors des démons à la trivialité sordide, et qui semblent tout autant incarner l’histoire non écrite du sol natal que son inéluctable déclin.

Le Silence des fantômes

20.00

C’est parce que sa conscience est humiliée qu’un homme se réfugie dans une vieille maison familiale coupée du monde et envahie par les rats. Le village n’est guère vivant, ni non plus accueillant, et la demeure s’avère privée du confort minimal. Plus survivant que survivaliste, Romain y entame pourtant – tant bien que mal – sa remontée vers la surface et le chemin qui lui permettra de recouvrer sa dignité. Il retrouvera aussi, si possible, la Rose qu’il a aimée.
Mais la maison, dont l’âme semble elle même altérée, l’aidera-t-elle à se réparer ?
Des souvenirs d’enfance accompagnent le lieu, des recoins sombres enfouissent bien des mystères. S’y trouvent par ailleurs des malles scellées qui semblent détenir de lourds secrets. Et la grande Histoire paraît également se mêler aux plus intimes révélations.
Le pas de côté que s’impose Romain se transforme alors en une quête de vérité où chacun, de ses proches parents à Rose, aura un rôle à jouer. Pour que des vies se construisent et prennent du sens.
Ou qu’elles se brisent à jamais.

Le Chant des Ronces

18.00

Voici un recueil de nouvelles et de textes courts ancrés dans une Corse contemporaine, là où l’auteur propose une poétique teintée de réalisme magique et façonnée aux accents de la pop culture. Les récits sont traversés par les enfants du riacquistu et les productions Amblin, parcourus de fantômes de bords de route et de babbò littéralement enracinés depuis des siècles au fond de jardins abandonnés. Sont de mêmes convoqués des bergers astronomes, des radios pirates, des tanks qui se désagrègent au fond du maquis ou des adolescents qui roulent sans fin sur les routes de l’île. La chronique d’un monde qui peut s’entendre au comptoir d’un bar perdu que l’on a creusé dans un arbre, aux confins des sentiers muletiers…

Mangeurs de Monde

18.00

Qu’ils soient nisenans vivant sur les bords de la Mokelumne, que l’on nommera bientôt l’American River, ou maoris défendant les rivages d’un territoire qu’ils appellent depuis toujours Aotearoa, les habitants de ce monde sont tous à l’aube de la grande confrontation, celle qui voit surgir les dévoreurs de leur univers. Car dans ce recueil de nouvelles, il est question de ça : survient inéluctablement une puissance prédatrice, une force qui, parée de son implacable supériorité, engloutit, ravage ou assimile ce qui la précédait. Des confins des colonies portugaises d’Afrique aux frontières fermées du Japon shogunal, Jean-Michel Neri nous mène ainsi, un conte après l’autre, et maniant sans manichéisme l’art de la parabole, sur les lieux de ces fracas immuables. Et il tisse radicalement sa poétique, entre oppression aveugle et résistance obstinée, dans une version bilingue qui semble défier, à sa manière, la voracité des Mangeurs de monde.

Donner son nom à l’abîme

18.00

Lors du premier conflit mondial, un peintre allemand se retrouve prisonnier au couvent de Corbara, il donne à entendre sa voix et celles de ses compagnons d’infortune… Sur les rives du Mississippi, où ne souffle pas en- core tout à fait le vent de liberté que porta la récente Guerre de Sécession, un boxeur lutte contre sa condition de champion de couleur… Dans un collège américain – ce pourrait être les fifties – un gamin détestable applique à sa manière de rudes préceptes religieux… Quoi encore? Un consommateur du futur dont on ne remplacera pas l’androïde féminin désor- mais obsolète; un vieux Redneck en proie à des zombies assoiffés de pétrole… Et toute une galerie de personnages ou d’évènements qui surgissent de contes cruels et désopilants qui, de la réalité crue au fantastique le plus assumé, sondent essentiellement dans l’âme humaine, y cherchent la lumière et, indisso- ciablement, y côtoient les ténèbres.

Da Parighji sin’à tè

20.00

Da Parighji sin’à tè raconte l’histoire d’un amour dévastateur entre deux jeunes femmes. La première est la narratrice, qui s’exprime tout au long du texte et s’adresse tantôt au lecteur, tantôt à sa bien-aimée qu’elle nomme Lilina.

Par instants, le roman devient épistolaire, et la narration prend la forme de lettres ou de poèmes que le personnage principal adresse à sa désespérante amoureuse. La trame se déroule entre Ajaccio, où réside la narratrice, et Paris, où vit Lilina, mais l’histoire personnelle prend aussi les accents d’une confrontation identitaire qui ne dit pas son nom. L’incompréhension n’est pas seulement ici celle des sentiments, elle est aussi subtilement celle des codes et des modes de vie.

Mais au-delà du cas singulier de Lilina et de son interlocutrice désenchantée, le récit est surtout une évocation pertinente de l’amour, dont les aspects furieux et passionnels, voire les mystères de l’attirance, restent à jamais insondables. Le texte, truffé d’érudition, marqué par un style oscillant entre la sophistication et un langage cru de situation, est d’une originalité remarquable dans le contexte littéraire insulaire.

Utah

20.00

Utah est un recueil de 10 nouvelles dans le plus pur style de la littérature américaine liée au réalisme moderne ou à ce que l’on qualifie « d’école du Montana ».

Mais avec cette singularité que l’ouvrage est rédigé par un jeune auteur corse passionné de littérature et de grands espaces, et nourri par un imaginaire cinématographique ou romanesque dont l’influence anglo-saxonne est incontestable. Ainsi suit-on, de l’Irlande de la grande famine au Nouveau-Mexique de la première période post-hispanique, les pérégrinations le plus souvent tragiques de protagonistes happés froidement par une cruelle fatalité. Ce sera le cas des indiens massacrés de la nouvelle Le Massacre de Sand Creek, ou encore de la célèbre Paula Angel, qui fut pendue à Las Vegas en 1861.

Nicolas Rey nous entraine aussi dans l’Amérique de la ségrégation, avec Abigail, ou à la suite d’un vaquero rattrapé par un destin inéluctable au cœur des Grandes Plaines. Par endroit rôde également un tueur psychopathe, comme dans l’ambiance glaciale de la première nouvelle, qui donne son titre au recueil, et où les mythes libertaires des années 60 sont taillés en pièces.

Un premier recueil étincelant, entre Cormac McCarthy et les frères Coen.

Amaurose

18.00

Dans la lointaine province de la Basilicate, on ne sait trop sous quels auspices – sacrés ou païens – un enfant est abandonné devant la porte d’une église. Marchera-t-il dans la foi ou accompagnera-t-il l’antique Maciara, complice de l’agonie ? Bien plus loin, dans une Islande désolée s’éveillant à sa modernité, d’étranges rites sanguinaires unissent encore les hommes par-delà la vie et la mort… Et en d’autres décors, d’autres temps, d’un lupanar rouannais du XIXe siècle aux plaines mourantes où les Sioux livrent la dernière danse de leur histoire, tout est mystère, initiation.

La Vertu des Paysans

20.00

La Vertu des paysans est un roman crépusculaire, tant par le style que par la thématique abordée. Il y est question d’un narrateur qui, à cheval entre plusieurs périodes (des années 70 à un aujourd’hui fictif) assiste à ce qui lui semble être la déchéance du monde.

Ce narrateur – non nommé – ne quitte que rarement son statut de pur témoin, voire de chroniqueur à la Sebald lorsque ses pas le mènent en Corse au moment des guerres entre nationalistes. Mais l’essentiel de l’histoire – des histoires – se déroule en Italie, et se situe entre les années de plombs – où l’on retrouve la sombre épopée criminelle du groupe Ludwig – et la décrépitude urbaine des années 2000, marquées aussi par la violence des faits divers.

Le héros, sorte de dandy désabusé et fataliste, assiste impuissant au déchainement de mort et d’anéantissement qui semble s’abattre sur tous les personnages qu’il croise, notamment le très classique Paolo Rossi, incarnation d’une bourgeoisie décadente, sa fille Fiora au destin tragique, ou encore la fragile Joanna Almiranti, dont les stigmates paraissent annonciateurs des plaies sociétales de son temps. Au-dessus de ces tragédies, les ombres de fantômes bien étranges planent à la manière d’un Ariel shakespearien.

Les véritables ordonnateurs du chaos ?

De la fureur

20.00

Soldat dans l’armée de terre, Jean a servi en Afghanistan, souvent pour des missions périlleuses, au coeur d’engagements impitoyables. Nasser, Pedro et Lucien y ont été ses compagnons d’armes.
De retour dans son île méditerranéenne, et malgré le suivi médical, l’horreur des combats et les démons de la violence le hantent encore. L’adaptation à la vie civile se révèle chaotique. Tentant des échappées dans la montagne, jadis familière, il fait face à de bien étranges rencontres, en particulier celle d’un vieillard sans âge. Que lui inspirent ces lieux ? Deviendront-ils le sanctuaire de sa rédemption ou son tombeau ?
Ailleurs, sur les rives du Bosphore, il est aussi une femme qui incarne l’espoir. C’est entre elle et le regard furieux de la Gorgone que Jean devra choisir un avenir.